À propos

Sylvain Denagiscarde

Je suis né dans les Landes, mais notre ferme familiale se trouvait dans le Gers. Laisse-moi te raconter ma vie un peu folle, avec des parents complètement déjantés. À l’époque, on faisait du vélo sans casque, sans freins… À 10 ans, je conduisais la voiture de mon père dans un champ de maïs pour lui donner un coup de main. J’avançais la voiture pour distribuer le système d’arrosage. J’étais à la fois très fier et terrifié à l’idée de faire une mauvaise manœuvre. J’ai calé, j’arrivais à peine à appuyer sur la pédale d’embrayage, j’ai fondu en larmes, et il m’a dit que ce n’était pas grave. À 12 ans, je parcourais 10 km en tracteur avec une remorque chargée de 10 tonnes de maïs, évidemment sans frein sur la remorque, c’était plus fun. Plus tard, j’ai appris que les gens appelaient ça le « tracteur fantôme » : on ne me voyait pas dans l’engin. Toujours à 12 ans, alors que mes parents étaient séparés et qu’ils étaient ensemble lors d’une transition, j’ai demandé à essayer la moto de mon père (argument imparable, je savais déjà conduire une mobylette). Il a accepté, comme ça ils pouvaient passer un peu de temps ensemble sans moi. C’était une Suzuki GS 750, 200 kg. Quand j’ai dû faire demi-tour, j’ai cru que j’allais la faire tomber, mais tout s’est bien passé. Sur cette période des 12/15 ans, j’ai aidé la copine de mon père, elle est traiteur. J’ai commencé à servir le pain et le vin, puis petit à petit, j’ai fait du service au plateau et à l’anglaise. À 14 ans, première mobylette « easy rider ». Vers 15/16 ans, on partait au baloch avec mon frère et un ami de toujours, T., sans freins ou presque et sans lumière. C’est le père de T. qui vérifiait les engins avant de partir et qui nous scotchait une lampe à l’avant de la première mobylette et une à l’arrière de la dernière. Contrôle technique ok, on pouvait partir au baloch. On fumait du tabac, de l’herbe et on buvait plus qu’il ne faut, surtout moi. À 17 ans, je pouvais aller voir ma chérie avec la moto de mon père à 3 km de la maison pour dormir chez elle ou en voiture s’il ne faisait pas beau. À cette période, je commence le moto-cross avec une moto que mon père s’était achetée pour lui et comme je suis bon, il a transféré sa passion sur moi. C’est parti pour plusieurs années de compétition. De 17 à 18 ans, j’ai fait un CAP mécanicien agricole. Sur toute cette période et un peu + , j’allais un coup chez ma mère, un coup chez mon père. Lui, il est violent, agressif, égoïste et un peu fou, et ma mère est en altitude en vol de croisière, mais elle a toujours été là pour ramasser les morceaux. Merci, Maman, pour ça. Et quand ça allait mieux, je retournais chez mon père.

En juin 1998, j’ai rejoint l’armée pour mon service militaire . J’ai passé mon permis poids lourd et bus à Dax, ce qui m’a été utile plus tard. Au retour de l’armée, j’ai eu la bonne idée de m’associer avec mon frère dans le garage qu’il avait repris de notre père. Évidemment, cela s’est très mal terminé avec plusieurs conflits. Les années passent et, par miracle, je décide de quitter le cocon familial pour partir à Toulouse, car je sens que sinon je finirai ma vie chez maman. Ce seront les années punk, musicien, alcoolique, avec une glissade progressive vers la drogue dure. Et paf, un vrai choc contre un pont en voiture à 4h30 du matin après une soirée de concert. C’était assez grave, il a fallu m’opérer et couper un bout d’intestin grêle qui avait éclaté. Bon, ça me calme un peu, sûrement pas assez puisque quelques mois plus tard, je suis en tournée avec des copains, je regarde sous le véhicule et je me fais rouler sur la cheville par une Twingo. Là, je me dis qu’il faut faire une pause, que c’est peut-être un signe, tu sais, un gros canard blanc sur un lac. Je vais donc commencer mon parcours pour retrouver qui je suis, le vrai moi, celui qui a envie de vivre et de s’aimer. Ça va durer 20 ans, mais en vérité, je dirais que c’est toute ma vie et que la première partie de ma vie, c’est ce que je cherche, mais inconsciemment, et donc un genre d’appel à l’aide en s’autodétruisant : ça ne marche pas bien.

Alors commence un parcours un peu long vers la lumière.

Mais avant, je reviens sur tout ce qui s’est passé pour moi jusqu’à ce commencement : à 4 ans, un copain de mes parents entre et commence à parler, et je lui dis « tu mens », parce que je lis en lui, je le sens. On me dira que cela ne se fait pas et que je ne peux pas savoir s’il ment. Vers 5 ou 6 ans, je vois, sur un tapis, des couleurs, et je plisse un peu les yeux pour laisser partir le mental. Je vois les couleurs tourbillonner, c’est sympa, mais à un moment, je sens que c’est moi qui pars. J’ai peur et j’arrête l’expérience. Encore une fois, j’en parle à ma mère, et elle me dit de ne plus le faire. Je vois qu’elle ne comprend pas. À la même période, après une histoire du soir sur Jésus, je demande à Dieu d’être malade parce que je n’ai pas envie d’aller à l’école, et le lendemain, je suis malade. J’en parle à ma mère parce que j’ai un peu honte, je ne me rappelle plus ce qu’elle m’a dit. À 7 ans, mon grand-père meurt, mes parents viennent me l’apprendre. Je descends les escaliers, c’est le matin, je les trouve tout bizarres. Je me dis « mais qu’est-ce qu’ils ont ? » et quand ils vont commencer à me dire « on a un truc important à te dire », une joie énorme vient à moi que je vais retenir parce que je sens que cela ne correspond pas à la situation, au conformisme. Je réussis même à pleurer avec eux, pour faire comme eux. À partir de là, tout va se fermer de plus en plus. Mais comme je suis curieux et intéressé, je ferai des essais de magnétisme : une fois avec un copain à mon père, et ça fonctionnera ; une autre fois, je ferai partir un kyste gros comme un boulard à une copine de ma mère ; une autre fois, à une copine qui vient de se fouler le poignet, je suis saoul comme une barrique, on est au feria du coin, et ça va marcher encore une fois. Je remarque que ça marche quand je n’y crois pas trop et que je me fous du résultat, et que quand j’essaie pour que ça fonctionne, ça ne marche pas. Une fois aussi, je coupe du bois dans la forêt dans un endroit que je n’ai jamais aimé et la tronçonneuse déraille plusieurs fois, je me prends un noisetier dans la figure, et là je vois passer au-dessus de moi un truc de 2,5 mètres en mode camouflage, comme dans Terminator. Je suis rentré et je n’ai plus jamais coupé de bois à cet endroit.

Ensuite, commence mon parcours de reconstruction où je rencontre Christophe Allain et où je commence à comprendre et expérimenter mes capacités. Je me lance dans l’aide aux autres grâce à mes perceptions, j’obtiens de bons résultats, mais quelque chose manque. C’est à cette période que je quitte définitivement Toulouse et ma vie de punk pour venir dans les Alpes, où je rencontre une femme qui m’aidera beaucoup à me restructurer. Nous aurons un enfant ensemble. Je fais des constellations familiales avec Eric Laudière pour continuer à me libérer de tous mes problèmes. Je le trouve tellement compétent qu’en comparaison, j’arrête mon activité d’aide aux autres, ne me sentant pas du tout à la hauteur. Plusieurs années passent, et je me dis même que c’est peut-être fini, que je ne progresserai plus et que je ne reprendrai plus cette activité. Puis, un ami qui va très mal me demande de l’aide. Nous passons un bon moment ensemble, mais je n’arrive pas à l’aider. Au moment d’arrêter, je vois du coin de l’œil un être de lumière, un peu en transparence, qui va vraiment donner un résultat stupéfiant. Le copain repartira en étant mieux et il a lâché son fardeau. Ce sera un nouvel élan, un nouveau départ. C’est chouette, je reprends de l’assurance, mais il me manque quelque chose, une foi inébranlable. Je vais faire la formation de Laure Tirroloni : Viser l’étoile, et je vais enfin passer ce cap. J’ai la foi, j’ai la foi en moi.